"Les Egyptiens n'ont pas besoin
d' " éducation politique " car ils savent ce qu'ils veulent et
connaissent leurs ennemis"
"J'appelle les Egyptiens au
soulèvement contre l'injustice, comme ils l'ont fait en 1919 contre
l'injustice de l'occupation britannique. La lutte contre la dictature est
le prolongement de notre guerre d'indépendance".
- JUILLET 2004 -
Interview de Faiez Nagib, par Masri Feki
23/07/2004
Homme d'affaires égyptien chrétien opposant au
régime de Hosni Moubarak en Egypte, Faiez Nagib a longtemps milité pour la
cause copte et défendu ardemment la situation de ses compatriotes de
confession chrétienne qu'il juge " déplorable ", il a été poursuivi
par les " services de renseignements pour la sûreté de l'Etat "
(moukhabarat) qui ont tenté de l'assassiner à Langen en 1997. En 1992,
monsieur Nagib a créé le " Gouvernement copte pharaonique de diaspora
" qu'il préside depuis la même année et dont le siège est établi à
Francfort. Connu pour ses positions radicales et son engagement militant en
faveur de la création d'un foyer national copte chrétien en Egypte, Faiez
Nagib fait parler de lui régulièrement. Il est reconnu par un grand nombre
d'associations et d'organismes coptes comme seul représentant des chrétiens
d'Egypte.
Interview réalisée et traduite de
l'égyptien par Masri Feki
En quoi consiste le Gouvernement Copte
Pharaonique de Diaspora ? Et quelles revendications pour l'Egypte ?
- Masri Feki : Monsieur le Président bonjour, merci de nous accorder cette
interview, vous êtes président du Gouvernement Copte Pharaonique de Diaspora,
pouvez-vous nous dire en quoi consiste votre " Koptische Pharaonische
Exilregierung " ?
- Faiez Nagib : Créé le 1er mai 1992, le Gouvernement Copte Pharaonique de Diaspora
se veut être la représentation légitime des chrétiens d'Egypte, des
oppressés, des premières victimes du régime de Moubarak. Il est composé de
vingt membres de Conseil qui s'occupent de la mise en commun de toutes les
actions politiques que mènent les différentes associations coptes à travers
le monde. Nous menons une politique de coordination.
- M. F. : Pourquoi un gouvernement ? Pourquoi pas un parti politique ou une
fédération associative ?
- F. N. : Le Gouvernement
Copte Pharaonique de Diaspora est le fruit d'un grand désespoir. On parle de
partis politiques à l'intérieur d'un Etat, cela n'existe malheureusement pas
dans l'Egypte d'aujourd'hui, il existe des pantins, des miniatures oppositionnelles créées de toutes
pièces par la dictature pour se faire belle. Quant aux associations, nous
avons des centaines d'associations militantes à travers le monde et d'autres
groupements d'opposition dispersés un peu partout, nous avons décidé de les
unir sur la base d'une platte-forme politique et d'un message unifié, le
Koptische Pharaonische Exilregierung joue se rôle.
- M. F. : Quelle est la
nature de vos relations avec les autorités allemandes ?
- F. N. : Nos relations
avec l'Allemagne sont normales. C'est vrai que le Gouvernement illégitime de
Hosni Moubarak a exercé beaucoup de pressions sur les autorités allemandes
afin de nous livrer, mais l'Allemagne est une démocratie. Les autorités
allemandes nous ont convoqué plus d'une fois et nous leur avons expliqué nos
objectifs légitimes et nos méthodes non-violentes. Nous entretenons de bonnes
relations car ils savent que notre démarche est pacifique.
- M. F. : Pensez-vous
que la conscience politique et sociale des Egyptiens, que le pouvoir actuel
n'a jamais cherché à éveiller, soit suffisamment développée pour que les gens
du peuple se sentent concernés par votre projet ? Autrement dit, n'est-il pas
nécessaire de politiser les masses, de leur démontrer l'utilité du combat
politique avant de tenter de rassembler autour d'un projet ?
- F. N. : Les Egyptiens
n'ont pas besoin d' " éducation politique " car ils savent ce
qu'ils veulent et connaissent leurs ennemis, c'est l'essentiel. Ce qui manque
c'est l'organisation, et l'Etat policier a tout fait pour terroriser les opposants
et disperser les masses.
Quel regard sur la région ?
- M. F. : Comment jugez-vous la volonté américaine de redessiner la région
? Que pensez-vous du projet du " Grand Moyen-Orient " ?
- F. N. : Je la trouve
ambitieuse et formidable. Il est bien rare de voir des Occidentaux exercer
des pressions sur nos gouvernants afin de moderniser et démocratiser leurs
systèmes ; je pense qu'aujourd'hui il est dans l'intérêt des Américains de
soutenir toutes les voix qui s'élèvent dans nos pays réclamant des réformes
et plus d'ouverture. Pour cela, il faut encourager et soutenir l'entreprise
américaine. Malheureusement, ce n'est pas le cas de tous. L'Europe française
fait tout pour mettre les battons dans les roues, son hypocrisie est
phénoménale. Heureusement pour nous que les Etats-Unis sont forts et debout,
j'espère sincèrement que George W. Bush sera reconduit pour un nouveau mandat
à la Maison Blanche, il reste beaucoup de travail à faire.
- M. F. : Hormis les
Américains, quels sont vos alliés potentiels dans la région ?
- F. N. : Nous sommes
démocrates et luttons pour la reconnaissance de notre existence et nos droits
historiques. Il est donc naturel qu'on se retrouve aux côtés des Israéliens
et des Kurdes dans la lutte contre la terreur.
- M. F. : En
parlant de la terreur, au Soudan plus d'un million de chrétiens ont été
exterminés en dix ans, sans compter des pogroms en Haute Egypte dans
l'indifférence totale de la presse et des médias qui ne parlent que des
malheurs du peuple palestinien. A quoi attribuez-vous cette différence de traitement ?
- F. N. : Vous avez-vous même répondu à la question. Ils sont chrétiens. Mais
ce n'est pas la seule raison. Toute dictature a besoin d'ennemis pour
perdurer, autrefois c'était les colonialistes, ensuite on nous parlait du
complot impérialiste, le communisme a aussi servi d'ennemi à l'époque de
Sadate, après l'effondrement de l'équilibre bi-polaire, nos gouvernants
vivent une véritable crise car ils ne peuvent se passer du soutien américain.
Faute d'ennemi, on a trouvé qu'Israël pourrait jouer le rôle du Grand Méchant
qui veut détruire notre belle société. On a donc créé une cause contre-Israël
qu'on lui a trouvé un joli nom qui fait nationaliste, la " cause
palestinienne " ; et chaque fois qu'on a un problème politique, économique
ou social, on a désormais la recette " Tout-est-à-cause-d'Israël. "
Pour légitimer cette suspicion permanente, il a bien fallu qu'Israël ait une
raison pour vouloir nuire à nos intérêts. Pour cela il faut soutenir les
ennemis d'Israël, le prétendu peuple palestinien par excellence.
- M. F. : D'après ce que
vous venez de dire, vous êtes contre la création d'un Etat palestinien ;
pourtant Washington l'a accepté et Ariel Sharon aussi. Comment pouvez-vous,
encore aujourd'hui, vous opposer à la création d'un Etat palestinien ?
- F. N. : L'Etat
palestinien ? Il existe depuis 1947, c'est la Jordanie Hachémite, mais on a
voulu déguiser l'éternelle volonté de détruire Israël en cause nationale,
aujourd'hui elle s'appelle Yasser Arafat, le plus grand tortionnaire de
l'histoire arabe, celui qui a transformé les jeunes écoliers en bombes
humaines alors que sa fille vit en princesse dans le luxe de la capitale
française. Il y a à peu prêt deux mois et demi Arafat a envoyé à sa femme 15
millions de dollars pour le ménage, pendant que les siens crèvent de faim et
de maladie dans les camps de réfugiés. Pour retourner à votre question
concernant l'acceptation de Washington, je crois que c'est du théâtre. Ariel
Sharon est un grand d'homme d'action et de vision, il a réussi à paralyser
Yasser Arafat en le discréditant devant le monde et en dévoilant son vrai
visage, celui du fascisme et de la terreur. Les jours de l'Autorité
palestinienne sont comptés.
- M. F. : Et qu'est-ce que vous en dites de la volonté de Sharon de se
retirer de Gaza ?
- F. N. : C'est une farce,
Sharon cherche à faire tomber l'Egypte dans le fossé de Gaza. Ce monde se
disant civilisé qui a tant critiqué l'attitude de la seule démocratie du
Proche-Orient face à la terreur des fous d'Allah verra bientôt les grands
tortionnaires de Moubarak dans les rues de Gaza. Moubarak semble avoir avalé
la pilule.
- M. F. : Pensez-vous
que le visage actuel du Moyen-Orient, forgé au fil de 14 siècles de domination
islamique sans partage, soit aujourd'hui compatible avec votre projet ?
- F. N. : Plus que jamais, il est compatible avec notre projet et je vous
dirai pourquoi. Parce que lorsque vous êtes millionnaire et que vous vous
trouvez un jour perdu dans le désert et que vous êtes en train de périr de
soif, il est bien naturel que vous soyez prêt à sacrifier 50 % de votre
fortune, voire 99 %, pour avoir un verre d'eau. Ce que vous appelez la "
domination islamique " et que d'autres appellent la " civilisation
musulmane " n'existe plus, le terrorisme islamique est la manifestation
de cet effondrement. Toujours dans l'histoire du monde, le terrorisme a été
signe de désespoir.
- M. F. : Finalement,
quel message adressez-vous aux Egyptiens en général et aux Coptes chrétiens
en particulier ?
- F. N. : J'appelle les
Egyptiens au soulèvement contre l'injustice, comme ils l'ont fait en 1919
contre l'injustice de l'occupation britannique. La lutte contre la dictature
est le prolongement de notre guerre d'indépendance. Et je suis certain, qu'un
jour nous accéderons à cette indépendance pour laquelle nos parents ont donné
leur vie. Non pas l'indépendance par rapport aux Occidentaux, mais par
rapport à nos propres dirigeants. Aux Coptes chrétiens je dis :
rassemblez-vous autour de la Bible et prouvez votre amour et votre confiance
au Seigneur car vous avez une grande responsabilité nationale et votre
participation à la Révolution de votre pays est primordiale.
- M. F. : Monsieur
le Président, je vous remercie.
- JUILLET 2004 -
Interview de Faiez Nagib, par Masri Feki
23/07/2004
Homme d'affaires égyptien chrétien
opposant au régime de Hosni Moubarak en Egypte, Faiez Nagib a longtemps
milité pour la cause copte et défendu ardemment la situation de ses
compatriotes de confession chrétienne qu'il juge " déplorable ",
il a été poursuivi par les " services de renseignements pour la sûreté
de l'Etat " (moukhabarat) qui ont tenté de l'assassiner à Langen en
1997. En 1992, monsieur Nagib a créé le " Gouvernement copte
pharaonique de diaspora " qu'il préside depuis la même année et dont
le siège est établi à Francfort. Connu pour ses positions radicales et son engagement
militant en faveur de la création d'un foyer national copte chrétien en
Egypte, Faiez Nagib fait
parler de lui
régulièrement. Il est reconnu par un grand nombre d'associations et
d'organismes coptes comme seul représentant des chrétiens d'Egypte.
Interview réalisée et traduite de
l'égyptien par Masri Feki
En quoi consiste le Gouvernement Copte
Pharaonique de Diaspora ? Et quelles revendications pour l'Egypte ?
- Masri Feki : Monsieur le Président bonjour,
merci de nous accorder cette interview, vous êtes président du Gouvernement
Copte Pharaonique de Diaspora, pouvez-vous nous dire en quoi consiste votre
" Koptische Pharaonische Exilregierung " ?
- Faiez Nagib : Créé le 1er mai 1992, le
Gouvernement Copte Pharaonique de Diaspora se veut être la représentation
légitime des chrétiens d'Egypte, des oppressés, des premières victimes du
régime de Moubarak. Il est composé de vingt membres de Conseil qui
s'occupent de la mise en commun de toutes les actions politiques que mènent
les différentes associations coptes à travers le monde. Nous menons une
politique de coordination.
- M. F. : Pourquoi un gouvernement ? Pourquoi pas un
parti politique ou une fédération associative ?
- F. N. : Le Gouvernement Copte Pharaonique de Diaspora
est le fruit d'un grand désespoir. On parle de partis politiques à
l'intérieur d'un Etat, cela n'existe malheureusement pas dans l'Egypte
d'aujourd'hui, il existe des pantins, des miniatures oppositionnelles créées
de toutes pièces par la dictature pour se faire belle. Quant aux
associations, nous avons des centaines d'associations militantes à travers
le monde et d'autres groupements d'opposition dispersés un peu partout,
nous avons décidé de les unir sur la base d'une platte-forme politique et
d'un message unifié, le Koptische Pharaonische Exilregierung joue se rôle.
- M. F. : Quelle est la nature de vos relations avec
les autorités allemandes ?
- F. N. : Nos relations avec l'Allemagne sont normales.
C'est vrai que le Gouvernement illégitime de Hosni Moubarak a exercé
beaucoup de pressions sur les autorités allemandes afin de nous livrer,
mais l'Allemagne est une démocratie. Les autorités allemandes nous ont
convoqué plus d'une fois et nous leur avons expliqué nos objectifs
légitimes et nos méthodes non-violentes. Nous entretenons de bonnes
relations car ils savent que notre démarche est pacifique.
- M. F. : Pensez-vous que la conscience politique et
sociale des Egyptiens, que le pouvoir actuel n'a jamais cherché à éveiller,
soit suffisamment développée pour que les gens du peuple se sentent
concernés par votre projet ? Autrement dit, n'est-il pas nécessaire de
politiser les masses, de leur démontrer l'utilité du combat politique avant
de tenter de rassembler autour d'un projet ?
- F. N. : Les Egyptiens n'ont pas besoin d' "
éducation politique " car ils savent ce qu'ils veulent et connaissent
leurs ennemis, c'est l'essentiel. Ce qui manque c'est l'organisation, et
l'Etat policier a tout fait pour terroriser les opposants et disperser les
masses.
Quel regard sur la région ?
- M. F. : Comment jugez-vous la volonté américaine de
redessiner la région ? Que pensez-vous du projet du " Grand
Moyen-Orient " ?
- F. N. : Je la trouve ambitieuse et formidable. Il est
bien rare de voir des Occidentaux exercer des pressions sur nos gouvernants
afin de moderniser et démocratiser leurs systèmes ; je pense qu'aujourd'hui
il est dans l'intérêt des Américains de soutenir toutes les voix qui s'élèvent
dans nos pays réclamant des réformes et plus d'ouverture. Pour cela, il
faut encourager et soutenir l'entreprise américaine. Malheureusement, ce
n'est pas le cas de tous. L'Europe française fait tout pour mettre les
battons dans les roues, son hypocrisie est phénoménale. Heureusement pour
nous que les Etats-Unis sont forts et debout, j'espère sincèrement que
George W. Bush sera reconduit pour un nouveau mandat à la Maison Blanche,
il reste beaucoup de travail à faire.
- M. F. : Hormis les Américains, quels sont vos alliés
potentiels dans la région ?
- F. N. : Nous sommes démocrates et luttons pour la
reconnaissance de notre existence et nos droits historiques. Il
est donc naturel qu'on se retrouve aux côtés des Israéliens et des Kurdes
dans la lutte contre la terreur.
- M. F. : En parlant de la terreur, au
Soudan plus d'un million de chrétiens ont été exterminés en dix ans, sans
compter des pogroms en Haute Egypte dans l'indifférence totale de la presse
et des médias qui ne parlent que des malheurs du peuple palestinien. A quoi attribuez-vous cette
différence de traitement ?
- F. N. : Vous avez-vous même répondu à la question. Ils
sont chrétiens. Mais ce n'est pas la seule raison. Toute dictature a besoin
d'ennemis pour perdurer, autrefois c'était les colonialistes, ensuite on
nous parlait du complot impérialiste, le communisme a aussi servi d'ennemi
à l'époque de Sadate, après l'effondrement de l'équilibre bi-polaire, nos
gouvernants vivent une véritable crise car ils ne peuvent se passer du soutien
américain. Faute d'ennemi, on a trouvé qu'Israël pourrait jouer le rôle du
Grand Méchant qui veut détruire notre belle société. On a donc créé une
cause contre-Israël qu'on lui a trouvé un joli nom qui fait nationaliste,
la " cause palestinienne " ; et chaque fois qu'on a un problème
politique, économique ou social, on a désormais la recette "
Tout-est-à-cause-d'Israël. " Pour légitimer cette suspicion
permanente, il a bien fallu qu'Israël ait une raison pour vouloir nuire à
nos intérêts. Pour cela il faut soutenir les ennemis d'Israël, le prétendu
peuple palestinien par excellence.
- M. F. : D'après ce que vous venez de dire, vous êtes
contre la création d'un Etat palestinien ; pourtant Washington l'a accepté
et Ariel Sharon aussi. Comment pouvez-vous, encore aujourd'hui, vous
opposer à la création d'un Etat palestinien ?
- F. N. : L'Etat palestinien ? Il existe depuis 1947,
c'est la Jordanie Hachémite, mais on a voulu déguiser l'éternelle volonté
de détruire Israël en cause nationale, aujourd'hui elle s'appelle Yasser
Arafat, le plus grand tortionnaire de l'histoire arabe, celui qui a
transformé les jeunes écoliers en bombes humaines alors que sa fille vit en
princesse dans le luxe de la capitale française. Il y a à peu prêt deux
mois et demi Arafat a envoyé à sa femme 15 millions de dollars pour le
ménage, pendant que les siens crèvent de faim et de maladie dans les camps
de réfugiés. Pour retourner à votre question concernant l'acceptation de
Washington, je crois que c'est du théâtre. Ariel Sharon est un grand
d'homme d'action et de vision, il a réussi à paralyser Yasser Arafat en le
discréditant devant le monde et en dévoilant son vrai visage, celui du
fascisme et de la terreur. Les jours de l'Autorité palestinienne sont
comptés.
- M. F. : Et qu'est-ce que vous en dites de la volonté
de Sharon de se retirer de Gaza ?
- F. N. : C'est une farce, Sharon cherche à faire tomber
l'Egypte dans le fossé de Gaza. Ce monde se disant civilisé qui a tant
critiqué l'attitude de la seule démocratie du Proche-Orient face à la
terreur des fous d'Allah verra bientôt les grands tortionnaires de Moubarak
dans les rues de Gaza. Moubarak semble avoir avalé la pilule.
- M. F. : Pensez-vous que le visage actuel du
Moyen-Orient, forgé au fil de 14 siècles de domination islamique sans
partage, soit aujourd'hui compatible avec votre projet ?
- F. N. : Plus que jamais, il est compatible avec notre
projet et je vous dirai pourquoi. Parce que lorsque vous êtes millionnaire
et que vous vous trouvez un jour perdu dans le désert et que vous êtes en
train de périr de soif, il est bien naturel que vous soyez prêt à sacrifier
50 % de votre fortune, voire 99 %, pour avoir un verre d'eau. Ce que vous
appelez la " domination islamique " et que d'autres appellent la
" civilisation musulmane " n'existe plus, le terrorisme islamique
est la manifestation de cet effondrement. Toujours dans l'histoire du
monde, le terrorisme a été signe de désespoir.
- M. F. : Finalement, quel message adressez-vous aux
Egyptiens en général et aux Coptes chrétiens en particulier ?
- F. N. : J'appelle les Egyptiens au soulèvement contre
l'injustice, comme ils l'ont fait en 1919 contre l'injustice de
l'occupation britannique. La lutte contre la dictature est le prolongement
de notre guerre d'indépendance. Et je suis certain, qu'un jour nous
accéderons à cette indépendance pour laquelle nos parents ont donné leur
vie. Non pas l'indépendance par rapport aux Occidentaux, mais par rapport à
nos propres dirigeants. Aux Coptes chrétiens je dis : rassemblez-vous
autour de la Bible et prouvez votre amour et votre confiance au Seigneur
car vous avez une grande responsabilité nationale et votre participation à
la Révolution de votre pays est primordiale.
- M. F. : Monsieur le Président, je vous
remercie.
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Feki.